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L'accès à la terre parmi les problèmes des agricultrices de Kabare

L'accès à la terre reste un problème parmi autant d'autres auxquels les femmes agricultrices du territoire de Kabare en général et du groupement de Mudaka font face actuellement.

Ces femmes regroupées au sein du Réseau d'Accompagnement des Associations des Femmes Paysannes RAFP en sigle l'ont fait savoir au cours d'une séance de travail avec le chargé de communication de la FOPAC SK.

Elles indiquent qu'elles doivent louer chaque année un lopin de terre à 50 dollars américains chacune aux concessionnaires pour trouver un espace sur lequel cultivé .Cette situation s'explique par le fait que beaucoup d'espace ont été achetés par des grands commerçants. Ceci constitue un manque à gagner pour ces femmes car ce sont mêmes ces produits champêtres cultivés avec lesquels elles nourrissent leurs familles respectives ; poursuivent-elles.

Elles indiquent que ça fait maintenant plusieurs années que leur production s'est revue à la baisse suite aux nombreuses maladies qui attaquent les plantes et le sol dans ce coin de la province du Sud-Kivu. Elles lancent un cri d'alarme aux organisations humanitaires ainsi qu'aux organisations qui œuvrent dans le domaine agricole pour les appuyer en intrants agricoles et avec un plaidoyer auprès des autorités coutumières et administratives pour les permettre d'accéder à la terre et ainsi être propriétaires.

Parmi d'autres problèmes auxquels ces femmes sont confrontées on note :

  • Le manque des marchés
  • Le manque des frais de roulement
  • Le non accès au crédit agricole
  • Le manque des semences.

Le Réseau d'Accompagnement des Associations des Femmes Paysannes RAFP est situé dans le territoire de Kabare et a son siège administratif dans le groupement de Mudaka dans le village de Murhala

Cette organisation paysanne compte actuellement 653 membres répartis dans 6 associations féminines pour le développement « AFD en sigle » dans le groupement de Mudaka, Bushwira, Chirunga et Kagabi.

Le Réseau d'Accompagnement des Associations des Femmes Paysannes RAFP se spécialise dans la filière Haricot et est dirigé par Madame

Amani Mwenenonozi (AJAC Sud Kivu)

Île d'Idjwi : l'histoire du café congolais a conquis le Rwanda

Le territoire RD-congolais situé au milieu du lac Kivu, plus précisément entre les villes de Bukavu (Sud-Kivu) et Goma (Nord-Kivu) à la frontière rwandaise, est décidé à faire revivre cette filière abandonnée. Sans voies d'exportation officielle depuis les années 1980, l'Île peinait à tirer profit de son café, sa principale source de revenus. Pour ne pas disparaître à leur tour, les habitants d'Idjwi ont développé des mécanismes alternatifs pour arriver à écouler le produit dans le Rwanda voisin. Mais la récente création d'une Coopérative des planteurs et négociants de café du Kivu, CPNCK, va bouleverser totalement la situation et ouvrir une nouvelle page dans l'histoire de la première île de la RDC sur le plan de la superficie.

Les habitants d'Idjwi sont en train de se réapproprier totalement la filière du café, mettant ainsi fin à plus de trente ans de confusion dans son exploitation. En effet, faute de moyens d'exporter officiellement le produit depuis les années 1980, ils ont recouru aux canots à rame pour le transporter vers le Rwanda voisin. Une fois sur place, a expliqué Ivan Godfroid, Regional Director Veco RD Congo, « ils tombaient bien souvent entre les mains d'acheteurs sans scrupules qui savaient fort bien qu'il n'existait aucune forme de protection pour ces pauvres paysans qui n'avaient d'autre choix que de s'adonner à la contrebande ». C'était donc une question de survie pour nombre d'habitants de l'Île d'Idjwi. Ivan Godfroid a livré quelques détails des conditions difficiles de la vente du café au Rwanda. D'abord, le poids du colis était systématiquement minimisé. Même lorsque le sac a indiqué dix kg en RDC, la pèse mécanique rwandaise indiquait bien moins, a-t-il relevé.

Cette situation a commencé à susciter des remous du côté des Congolais. Beaucoup de commerçants ont critiqué un mauvais réglage intentionnel visant à sous-peser leurs colis. « Quand les Congolais devenaient plus regardants, ils pesaient d'abord le café des rwandais, avec des bascules correctes, pour gagner la confiance des Congolais. Après, ils déréglaient vite la bascule à l'insu des producteurs et continuaient ainsi à voler le café congolais », a martelé Ivan Godfroid qui reprenait ainsi les propos de Raymond Bigiraneza, secrétaire du conseil d'administration de la CPNCK. Mais il n'y avait pas que cette pratique douteuse. Ivan Godfroid a évoqué également les cas nombreux de vol d'argent, d'assassinat crapuleux et de naufrage lors des violentes tempêtes sur le lac Kivu. Par conséquent, l'Île compte un grand nombre de veuves, plus de mille identifiées actuellement.

La création de la CPNCK est une bonne nouvelle car cette coopérative porte en elle les germes d'un changement structurel dans la commercialisation du café. Elle compte pas moins de 753 membres dont le quart est constitué de femmes. Toutefois, ce n'est pas la première initiative pour rentabiliser la vente du café à Idjwi. Dans les années 1987, il y a eu la création du Comité des acheteurs de café d'Idjwi, constitué d'un groupe limité d'hommes qui faisaient la traversée vers le Rwanda à bord des boats motorisés. Ce groupe regroupait tout le café des membres. « C'est de cette façon que nous avons fonctionné pendant toutes ces années ». À son actif, il y a bien entendu une augmentation des recettes. Enfin, la CPNCK a vu le jour dans les années 2011 mais elle a commencé véritablement à fonctionner une année après, en 2012.

Sa création a permis de regrouper tous les anciens "fraudeurs" et de commencer à acheter légalement le café parche des membres pour l'amener à l'usine de Goma et le vendre par la suite aux exportateurs officiels. Une tâche difficile au début mais qui a commencé à payer au fil du temps. L'État n'a pas aidé à une rapide implantation de la structure à cause des taxes officielles et informelles ainsi que les différentes formes de tracasseries. Toutefois, l'arrivée de VECO/RIKOLTO sur l'Île a permis d'améliorer la situation. « Avec son appui, nous avons été encouragés à collecter les frais d'adhésion pour co-investir dans la construction des micro-stations de lavage pour le traitement standardisé du café ». Le partenaire VECO/RIKOLTO aide notamment la coopérative à accéder au préfinancement pour l'achat du café à des conditions idéales, évitant ainsi les taux élevés des banques. Mieux, il connecte la coopérative à des acheteurs potentiels de café gourmet qui offrent bien entendu des meilleurs prix. Les trois coopératives partenaires de VECO/RIKOLTO se retrouvent une fois l'an en atelier pour faire le bilan et planifier l'avenir.

Des résultats forts encourageants

La CPNCK a réussi à améliorer la qualité du café. Cette amélioration s'est confirmée pendant la dégustation « Saveur du Kivu » en mars 2016. La coopérative a réussi à décrocher une cinquième place bien méritée. Elle a vendu 12 tonnes de café gourmet à Good Ground, obtenant un score SCAA de 85 %. Son plan d'affaires présenté pendant l'atelier de café d'Idjwi du 20 au 23 février 2017 a prévu la réalisation inédite de 320 sacs de 60 kg, soit 19,2 tonnes. La CPNCK n'hésite plus à utiliser la fibre nationaliste pour s'imposer sur le marché d'Idjwi, en rappelant la nécessité pour l'Île de figurer dans les statistiques congolaises et non rwandaises. Entre-temps, les acheteurs rwandais sont revenus également à la charge, avec des nouvelles stratégies dont le financement des producteurs au moment de la floraison pour gagner le droit de récolter le café et l'amener au Rwanda. La bataille est très acharnée dans cette île qui reste avant tout un lieu de villégiature pour ses anciennes résidences, les marchés locaux et diverses plantations (ananas, bananes, manioc) sans oublier ses paysages superbes, son réservoir de biodiversité composé de forêt primaire.

Laurent Essolomwa in https://www.adiac-congo.com

En RDC, l'industrie semencière est dans la phase de naissance

Comme la plupart des pays africains, l'industrie semencière en République démocratique du Congo est respectivement constituée de deux systèmes parallèles, notamment le secteur informel et le secteur formel. Le premier fait généralement allusion au système dans lequel les agriculteurs produisent, obtiennent, entreposent et distribuent des ressources en semences, d'une saison de production à l'autre. Et le second se concentre sur la sélection et l'évaluation des variétés améliorées, la production et la vente des semences certifiées.

« Il y a un besoin urgent d'améliorer le contrôle de la qualité sur le marché des semences de l'aide humanitaire pour ne pas détruire le marché local des semences. Alors, les producteurs de semences doivent assurer l'approvisionne- ment en semences de qualité, tandis que les agences de l'aide devraient offrir des prix plus compétitifs » prévient le rapport de TASAI sur la République Démocratique du Congo.

Récemment publié, ce rapport que nous avons consulté résume les résultats principaux de l'étude menée par The African Seed Access Index (TASAI) en 2017 dans le but d'évaluer la structure et la performance économique du secteur semencier de la RDC. « Il est très important d'avoir un secteur semencier compétitif pour assurer la disponibilité de manière opportune de semences améliorées et appropriées de qualité supérieure à des prix abordables pour les petits exploitants en RDC » souligne le même rapport mettant l'accent sur les quatre cultures céréalières importantes pour la sécurité alimentaire en RDC maïs, riz, haricots et soja.

Ce document de 13 pages dont l'étude est une évaluation de l'environnement propice pour un secteur semencier formel et dynamique, porte sur 12 de 26 provinces où le TASAI a eu des développements remarquables dans le secteur semencier.

C'est notamment les provinces du Nord et du Sud Kivu, le Haut-Katanga et Lualaba, le Kinshasa, Kongo Central, Kwilu et le Kwango, mais également le Mongala, Nord Ubangi, Sud Ubangi et l'Equateur: « la superficie couverte par ces cultures est environ 87% de la superficie totale récoltée pour toutes les céréales et légumineuses en RDC » indique le rapport, faisant allusion à la performance du secteur semencier formel qui varie selon la province et est touchée par des défis d'infrastructure et des années d'instabilité politique.

Parlant du nombre de sélectionneurs actifs actuellement, le rapport montre que la RDC compte 14 producteurs actifs de semences pour les quatre filières (maïs, riz, haricots et soja) qui sont employés par deux institutions nationales de recherche - Institut National pour l'Etude et la Recherche Agronomique (INERA) et l'Université de Lubumbashi (UNILU).

« Plusieurs entreprises semencières à capital étranger recrutent des sélectionneurs au sein de leurs bureaux régionaux dans d'autres pays tandis qu'aucune des entreprises semencières privées locales n'a un sélectionneur » précise le TASAI qui montre du coup le nombre de producteurs pour chaque filière: sept pour le maïs, trois pour le riz, deux pour les haricots, et deux pour le soja.

Malgré le nombre limité des sélectionneurs de semences, la satisfaction des producteurs de semences par rapport à l'adéquation des sélectionneurs est bonne pour toutes les filières rapporte The African Seed Access Index (TASAI) en sigle: « 77% pour les haricots, 70% pour le maïs, 70% pour le soja, et 60 % pour le riz » fait-il savoir, ajoutant cependant que les répondants ont également indiqué que certains sélectionneurs ne sont pas actifs en raison de manque de l'infrastructure adéquate pour la sélection des semences et le manque de ressources financières.

« L'industrie semencière en RDC est dans la phase de naissance » note ainsi le rapport qui évoque les faibles taux d'adoption (moins de 50%) de semences certifiées pour les principales cultures vivrières et les très faibles volumes de vente de semences suggèrent qu'il existe une opportunité importante de croissance: « la croissance du secteur semencier est limitée par plusieurs facteurs dans la chaîne de valeur des semences. En outre, les opportunités et les défis du secteur varient, dans certains cas, dans les quatre régions »

Alors que les défis mentionnés ci-dessus limitant le développement du secteur semencier en RDC sont énormes, le secteur a un potentiel de croissance important étant donné la potentialité de l'agriculture générale dans le pays, renseigne enfin le rapport de The African Seed Access Index.

Pour le TASAI, le fait que les entreprises semencières régionales aient pénétré le marché en République démocratique du Congo ou au moins l'explorent à travers les exportations, montre qu'il existe un marché des semences attractif : « avec de nouveaux investissements dans le secteur agricole et des efforts concertés de réforme par le gouvernement et le secteur privé, il existe une fenêtre intéressante pour un changement catalytique dans le secteur semencier formel de la RDC » conclut ledit rapport.

Jean Baptiste et Joseph Tsongo  (AJAC Nord Kivu)

« Avec une bonne politique agricole, en 10 ans, le Congo n'aura plus besoin de fonds extérieurs »

Entretien par Marie-France Cros

In https://afrique.lalibre.be/15492/avec-une-bonne-politique-agricole-en-10-ans-le-congo-naura-plus-besoin-de-fonds-exterieurs/

Economiste et agronome, le professeur belge Baudouin Michel enseigne à la faculté d'agronomie de Gembloux (Université de Liège) et à l'ERAIFT (RDC) et est professeur visiteur au Vietnam. Il est aussi planteur de café au Kivu et, à ce titre, président de l'African Fine Coffees Association pour la République démocratique du Congo (RDC), pays auquel le lient d'anciennes attaches. Il plaide en faveur de la relance de la filière café dans ce pays en investissant dans la recherche et les petits planteurs, plutôt que dans la commercialisation, comme le proposent certains bailleurs de fonds.                               A La Libre Afrique.be, il livre une démonstration éblouissante en faveur du Congo.

RDC: "L'intérieur Du Pays Est Oublié Depuis 15 Ans"

La RDC a été un grand producteur africain de café jusqu'au début des années 90, avec une production annuelle de 100.000 à 120.000 tonnes, « essentiellement le résultat du travail de petits planteurs. Ce qui veut dire que l'argent était redistribué à des millions de Congolais », explique le professeur. Les deux tiers étaient du robusta - qui pousse au-dessous de 1000 m d'altitude - planté en Province orientale, Equateur, Mayombe (Bas-Congo) - « très renommé! » - Maniema et un peu au Kasaï. Le reste en arabica, plus prisé, qui pousse au-dessus de 1000m d'altitude, planté au Kivu et un peu en Ituri. Le robusta se vend aujourd'hui 1000 à 1500 dollars la tonne, l'arabica 2500 à 3000 dollars/T.

« Là-dessus sont venues les guerres et les rébellions et aujourd'hui la RDC n'exporte plus que... 8500 T », précise le professeur.

Le sida du café

Ces 8500 T sont essentiellement de l'arabica: le robusta a pratiquement disparu, explique le pr. Michel, en raison des ravages d'une maladie spécifique de la variété, la trachéomycose. « C'est le sida du café! Cette maladie est due au manque d'entretien des caféiers et s'est développée à cause de l'absence de politique agricole. Le résultat est dévastateur: la région d'Isiro (Haut-Uélé, ex-Province orientale) produisait 42.000 tonnes avant la maladie et 500 tonnes après celle-ci. Le seul remède est de détruire et replanter ».

L'arabica s'en est mieux tiré « parce qu'il se vend plus cher et parce qu'il est cultivé sur la frontière et donc plus facilement exporté. Mais là, il faut mettre un bémol: de 3000 à 8000 T sont exportées chaque année frauduleusement vers l'Ouganda et le Rwanda (ce qui veut dire qu'en fait le Congo produirait en réalité 12.000 à 16.000 T) ».

Pourquoi? « C'est simple », répond le professeur. « L'Ouganda taxe l'exportation de café à 1% de la valeur. Le Rwanda à 3% de sa valeur mais avec un rabais pour les engrais. Et le Congo taxe à 11%. »

Le premier problème est de produire, pas de vendre

Et le professeur-planteur de conclure: « Avec une bonne politique agricole et de développement, en dix ans le Congo n'a plus besoin d'aide extérieure ».

Photo @Rikolto.org

Relancer la filière café au Congo ne peut se faire sur le robusta, estime Baudouin Michel: les prix sont moindres; les plantations sont enclavées (faute de routes, il faut déplacer la récolte en avion ou à vélo!); en l'absence de recherche au Congo, on n'a pas encore de variété tolérante à la trachéomycose; et les rendements sont faibles. « Si on relance, ce doit être avec l'arabica. Mais la plupart des bailleurs de fonds proposent d'améliorer le marketing pour aider à mieux vendre le café congolais. Or ce n'est pas ça le problème! », se désole le pr. Michel. « Le problème, c'est que les arbres sont trop vieux - 60 à 70 ans pour la plupart - et les planteurs totalement découragés ».

Pour relancer la filière café, estime-t-il, il faudrait évidemment revoir le taux de taxation à l'exportation et ceux sur les intrants agricoles mais, essentiellement, financer la recherche agronomique pour trouver des variétés adaptées aux conditions de culture et soutenir les petits planteurs pour qu'ils aient accès à ces variétés.

La gloire des plants congolais

Baudouin Michel a des arguments très convainquants pour appuyer ses dires. « Le miracle ivoirien du cacao, qui a fait de la Côte-d'Ivoire le premier producteur du monde avec 45% du marché mondial, est basé sur des plants venus du centre de recherche agronomique de Yangambi (à 100 km à l'ouest de Kisangani, au nord-est du Congo) qui était, jusqu'à la rébellion des Simbas, en 1964, le plus grand centre de recherche en agronomie tropicale du monde », dit-il. « Et bien qu'il soit dégradé, cela reste un centre énorme ».

« Le miracle malais du palmier à huile, qui a fait de la Malaisie le premier producteur du monde avec 1 million de T/an, est également dû à des plants mis au point à Yangambi », ajoute-t-il.

« Il y a 20 ans, les Vietnamiens ont ramené chez eux des plants de café « petit Kwilu » de l'ouest de la RDC. Ils les ont travaillés dans leurs centres de recherche, sans aide extérieure ni manipulation génétique. Et de cette variété, dont les petits planteurs congolais tirent 175 kg/ha, ils produisent aujourd'hui jusqu'à 12 tonnes/ha. Cela montre ce que la recherche locale peut apporter », souligne le professeur-planteur. « Le potentiel est là et, contrairement aux mines, l'agriculture donne de nombreux emplois aux Congolais ».

Il faut une politique

« Le potentiel est là mais il faut la volonté politique d'orienter les investissements publics et privés vers l'agriculture », note M. Michel. Pour l'instant, on en est loin. L'agriculture ne se voit consacrer que 1% du budget de la RDC, « dont la moitié seulement est effectivement décaissée - soit moins que le total des frais de mission à l'étranger du gouvernement » de Kinshasa, regrette le professeur. Le gouvernement congolais a pourtant signé la Déclaration de Maputo (2003) par laquelle il s'engageait à consacrer 10% du budget national à l'agriculture.

Pour ce qui est des investissements privés, les Congolais riches préfèrent placer leur argent dans l'immobilier, ce qui permet d'éviter les mesures de contrôle bancaire. Et les étrangers sont rebutés par l'article 16 de la Loi agricole congolaise, qui exige que la majorité des parts, dans les entreprises agricoles, soient aux mains de Congolais - ce qui leur donne le droit de décision sur les capitaux venus de l'extérieur.

Un quasi-monopole sur la quinine, inexploité

Kinshasa, en outre, défend très mal ses intérêts en matière agricole. Ainsi, alors que la RDC produit 80% de la quinine dans le monde (l'arbre ne pousse qu'en altitude et sur l'équateur, conjonction peu répandue sur la planète), « elle ne tire rien de cette position avantageuse et laisse quatre sociétés pharmaceutiques - deux allemandes, une néerlandaise et une américaine - exploiter le Congo. Ces sociétés sont régulièrement condamnées par les lois anti-monopole mais payent les amendes sans broncher en raison de leurs bénéfices, faits au détriment des Congolais. Ainsi, le petit planteur de quinquina congolais gagne 1/1000 de la valeur ajoutée du produit. A titre de comparaison, le petit planteur de café vietnamien touche 85% de la valeur ajoutée et l'Ivoirien 55%. Le petit planteur congolais est donc dans l'impossibilité de sortir de la pauvreté, tandis que le vietnamien, lui, peut diversifier », s'agace le pr. Michel.

Et le professeur-planteur de conclure: « Avec une bonne politique agricole et de développement, en dix ans le Congo n'a plus besoin d'aide extérieure ».

Pour être efficientes, les coopératives clientes d'Agriterra en RDC ont été formées sur la bonne gouvernance

Les coopératives créées et dirigées par les agriculteurs du Nord et du Sud Kivu ont leur base et organisent des réunions statutaires conformément à leurs textes légaux. Cependant, il existe encore des opportunités d'améliorer la gouvernance au sein de ces coopératives afin de résoudre les défis liés à l'application effective de la bonne gouvernance au sein de coopératives. La bonne gouvernance rassure l'engagement des membres et conduit à la durabilité des coopératives.

Agriterra vient d'organiser à fin janvier 2018 au Nord et au Sud Kivu, (RD.Congo) une formation sur la gouvernance des coopératives agricoles. Les coopératives clientes, CECAFEP, AMKA, OBUGUMA, CPNCK, SOPACDI et UCADI sont ces six coopératives de deux provinces de l'Est de la République Démocratique du Congo qui ont suivi cette formation sur la bonne gouvernance du 22 au 25 janvier puis du 29 janvier au 1er février 2018 respectivement à Mbiza Hôtel de Goma et à Horizon de Bukavu. L'équipe de facilitation d'Agriterra ayant conduit ces deux formations était composée de Mr Luc Digonnet Agripooler, ancien président de la coopérative Capri-Nièvre, Mikidadi Waziri conseiller en entreprise d'Agriterra pour la Tanzanie , Niek Thijssen, Mme Stellah Nyagah conseillère en entreprise d'Agriterra au Kenya, Alex Danissen, conseiller en entreprise basé au Pays-Bas , Jim Liseki et Eugénie Mastaki conseillers en entreprise d'Agriterra basés à Goma en RD. Congo.

La première formation a débuté en date du 22 janvier 2018 à Goma au Nord Kivu, sous la modération de Mr MIKIDADI WAZIRI, conseiller en entreprise d'Agriterra en Tanzanie en collaboration avec Monsieur Luc Digonnet, Agripooler et ancien président de la coopérative Capri-Nièvre de la France ; trois coopératives clientes, AMKA, CECAFEP et Obuguma ont suivi avec assiduité la formation centrée sur trois grands points notamment la familiarisation des participants aux notions de la gouvernance, les attributions, rôles et responsabilités des membres des organes dans une coopérative mais également l'analyse de la santé de la gouvernance de chaque coopérative cliente qui a abouti à un planning des actions liés aux défis majeurs relevés . La mise en œuvre des ces plans d'actions sera évaluée dans une session d'un jour après six mois (juillet 2018). Les participants manifestant la valeur ajoutée de cette formation sur la bonne gouvernance ont de la pâte sur le plat en appliquant ainsi les acquis de la formation « Nous avions assez de difficultés dans notre coopérative Amka Mkulima wa Kahawa de Minova, mais à partir de cette formation réussie d'Agriterra sur la bonne gouvernance, nous avons acquis beaucoup surtout la différence entre la bonne gouvernance et la mauvaise, les piliers de la bonne gouvernance et sur quoi est-elle fondée. Cette formation va nous aider à bien assoir la bonne gouvernance au sein d'Amka. Il nous faut de notre part restituer les acquis de cette formation afin qu'ensemble tout les membres de la coopérative participent au changement pour une atteinte favorable des objectifs de la coopérative, s'est-il engagé monsieur Bujiriri Byama Déo, président de AMKA». Monsieur Déo Bujiriri poursuit en félicitant Agriterra pour le réveil de conscience à sa coopérative surtout en accompagnement dans la gestion financière et en élaboration d'un plan stratégique et de surcroit cette formation de la bonne gouvernance qui va contribuer efficacement à la nouvelle image de sa coopérative.


Le taux de participation des jeunes au sein de coopératives clientes d'Agriterra reste encore faible. La formation sur la bonne gouvernance vient d'éveiller la conscience de dirigeants qui ne tiennent pas compte de cette couche importante dans l'avenir de coopératives agricoles. Pour Mlle Bahati Namishada, la jeune fille d'une vingtaine années et membre de la coopérative Amka se réjouit de sa participation à la formation sur la bonne gouvernance. Elle réitère que si les coopératives ne tiennent pas compte de l'intégration des jeunes agriculteurs dans la vie coopérative, celle-ci vieillira et disparaitra avec ses membres. « La jeunesse constitue une frange importante pour l'avenir de la coopérative agricole », martèle-elle Mlle Bahati.

De surcroît, d'autres participants confient que la formation sur la bonne gouvernance agrémentée des projections vidéos sur l'organisation de l'assemblée, l'intégration de jeunes dans les coopératives et l'organisation du marché de produits agricoles de membres de coopératives, constituent un meilleur cadre de partage d'expériences aux coopératives du Nord et du Sud Kivu avec celles de la hollande et de la France.

L'innovation acquise par les coopératives clientes d'Agriterra lors de la formation est l'analyse de la santé de la gouvernance de la coopérative. « Les membres de la coopérative réalisent souvent de diagnostic soit par rapport à un plan annuel et quelquefois ce sont les bailleurs de fonds qui en suscitent. Mais avec cette formation sur la bonne gouvernance, l'analyse de la santé pour une coopérative est un acquis et nous devrions chaque fois la faire car elle nous conduit à mieux comprendre le niveau de nos faiblesses et forces », parle monsieur Gilbert Makelele, président de la CPNCK.

La grande préoccupation des coopératives n'est pas d'avoir une multitude de membres. Luc Digonet apprécie la bravoure de coopératives du Nord et du Sud Kivu en RD.Congo. « Avec mes expériences en tant qu'ancien président de la coopérative Capri-Nièvre de la France et aussi celles que j'ai acquises auprès des coopératives d'Afrique surtout à l'Ouest de ce continent noir, les coopératives de la RD.Congo doivent améliorer leurs procédures et ne pas nécessairement créer de grosses coopératives. L'idéal est de rendre favorablement de services aux membres de la coopérative », a-t-il conseillé Mr Luc Digonet. L'honnêteté et la transparence sont les deux qualités de la bonne gouvernance que madame Eugénie d'Agriterra a suggéré aux participants membres de ces six coopératives.

L'agenda de la formation étant constitué de cinq moments importants pour chaque site de formation. Ce cinquième sera effectif en juillet 2018 pour l'évaluation du niveau des acquis de la formation sur la bonne gouvernance par les six coopératives bénéficiaires de la formation.

Jean Baptiste Musabyimana.

UPDKIS décide de se transformer en force économique des filières

Les organisations paysannes de la province de la Tshopo, réunies au sein de l'Union paysanne pour le développement de Kisangani, UPDKIS en sigle, décident de quitter le fonctionnement des ARBL pour des entreprises paysannes à une vision économique « agri-entrpreneur». Ils optent pour huit coopératives spécialisées (riz, huile de palme, café, cacao, marchéage, élevage et cacao) à murir les réflexions. Décisions prises à l'issue de l'assemblée générale de cette fédération des producteurs tenue au centre de pastoral, de l'archidiocèse de Kisangani, le 1er février 2018.


Ils étaient 64 délégués de 32 collectifs des organisations paysannes venus de 5 territoires sur les sept que compte la province de la Tshopo. Il s'agit des territoires de Banalia, Bafwasente, Isangi, Opala et Ubundu ainsi que ceux de la ville de Kisangani et hinterlands avoir pris part à ces assises.

Ces producteurs agricoles actifs, dont un nombre important des femmes ont pris d'importantes résolutions pour l'avenir à moyen et à long terme de l'UPDKIS. Les plus importantes de ces décisions, que d'aucun qualifient d'historiques sont celles-ci :

1. L'UPDKIS s'engage à participer à la réalisation de l'objectif spécifique 3 du programme PASPOR (Programme d'appui à la structuration, au plaidoyer et à la professionnalisation des producteurs agricoles familiales organisés en RDC. Il est tenu par eux plate formes. Il y a la confédération nationale des producteurs agricoles congolais, CONAPAC en sigle et Alliance AGRICONGO (un regroupement de 18 ONGs belges appuyant directement les organisations des producteurs agricoles congolaises). Le programme PASPOR propose une démarche participative pour intégrer la force économique des filières dans la structuration et l'auto-financement du mouvement paysan.

2. Le conseil d'administration de l'UPDKIS et son secrétariat exécutif sont mandatés pour négocier avec les partenaires techniques et financiers dans un meilleur délai un appui financier devant permettre la participation de cette fédération des organisations paysannes de la Tshopo à la réalisation de l'entièreté des 6 objectifs du programme PASPOR. Cet appui doit permettre l'organisation d'un atelier annuel, la mise en place d'un comité de pilotage provincial et la participation au comité de pilotage national du programme PASPOR ;

3. Que le conseil d'administration et le secrétariat exécutif de l'UPDKIS entame un processus de changement institutionnel de l'UPDKIS, qui devrait se finaliser vers l'an 2025 par :

• L'émergence d'au moins deux coopératives rentables et durables, intégrées dans le pilier économique de la fédération provinciale,

•La restructuration du pilier politique en des structures décentralisées de la fédération selon les échelons administratifs,

•La révision des statuts de l'UPDKIS, consacrant l'intégration équilibrée des deux piliers dans les organes de décision de l'UPDKIS. La confédération nationale CONAPAC doit être informée régulièrement des changements en cours. L'organe suprême de l'UPDKIS mandate également son conseil d'administration et le secrétariat exécutif à poursuivre le renforcement des capacités de plaidoyer à tous les niveaux pendant la phase de restructuration du pilier politique. Mais aussi appuyer l'émergence de coopératives spécialisées rentables, par une stratégie différenciée par filière, partant des priorités qui seront identifiées dans le processus appuyé par le PASPOR. Après l'émergence des coopératives, la fédération devra définir de commun accord la nature des services payants que l'UPDKIS livrera aux coopératives autonomes, afin de contribuer aussi à l'autonomisation graduelle de l'UPDKIS.

Vu l'importance de l'engagement individuel de chaque membre pour la réussite du mouvement paysan en RDC, l'assemblée générale de l'UPDKIS recommande, pour se faire à chaque coopérative naissante de formuler une charte, à souscrire par chaque futur membre, qui explicite l'engagement de chaque membre en termes de frais d'adhésion, contribution de parts sociales, loyauté envers la coopérative, engagement personnel pour la réussite de l'entreprise coopérative. La légitimité réelle des actions politiques est également confiée à ces deux organes, et de demander à chaque membre de la fédération de signer un acte d'engagement, inscrit dans une vision commune du développement de l'agriculture familiale en RDC.

Les soixantaines des producteurs agricoles de la Tshopo proposent qu'un plaidoyer soit mené par l'UPDKIS et la CONAPAC pour le dossier qui oppose actuellement l'Etat congolais et la Belge.

Par la même occasion, un nouveau comité du département femmes a été mise en place par consensus de 22 femmes ayant pris part active à ces assises afin de redynamiser les activités de la femme paysanne. Ce comité est composé de 7 femmes.

BOERENBOND et RIKOLTO des inspirations

Rappelons que ces assises historiques de l'UPDKIS ont été précédées par un atelier de recentrage et de l'analyse de la situation de l'UPDKIS et ses collectifs autour de leurs fonctions essentielles. C'était du 29 au 31 janvier 2018, toujours au centre de pastorale, avec l'appui la coopération Technique Belge CTB, désormais appelée ENABEL, de RIKOLTO ex VECO (une ong belge installée à Butembo dans le Nord-Kivu et de la CONAPAC (confédération nationale des producteurs agricoles du Congo).

Cet atelier animé par IVAN Godefroid PALUKU, responsable de RIKOLTO, était entièrement de partage d'expérience des organisations paysannes de la Belgique qui ont 120 d'expérience, celles des Kivu et de la province de la Tshopo.

Dans son mot d'ouverture, le président de l'UPDKIS, QUADRATUS MUGANZA, a indiqué que la tenu de cet atelier est le résultat de l'observation minutieuse d'une expérience de 10 du fonctionnement de cette fédération. « Il était le moment de s'arrêter pour décrypter les enjeux actuels et du futurs vis-à-vis de la précarité de vie des producteurs agricoles de la Tshopo ». C'est la raison du recours à une expertise qui a réussit dans la région, en l'occurrence l'Ong RIKOLTO/VECO. Amadou DIALO, d'ENABEL ex CTB, tout en saluant la tenue de cet atelier, a souhaité voir les paysans membres de l'UPDKIS découvrent eux-mêmes les pratiques a imitée à partir des échanges d'expérience pour sortir de la pauvreté.

Pour IVAN Godefroid, le secteur agricole est pourvoyeur d'emplois contrairement au secteur des minerais qui est voué à la mort. C'est pourquoi il faut rendre les pratiques agricoles durables. Cela demande certains sacrifices, si on doit utiliser les ressources naturelles de façon qu'on le les appuies pas.

Il soulève à cet effet l'importance d'innovation afin de diversifier l'économie. Car l'agriculture parraine impactera sans doute sur l'économie nationale. Cela devient également un levier de pression politique des OPA sur les décideurs. Pour M. IVAN, « l'économie et la politique sont les 2 mains sur le ventre ». C'est pour cette raison que l'agriculture devra être un laboratoire des innovations. En scannant les autres pratiques d'ailleurs afin de les adaptées aux conditions locales.

Il a présenté par la suite l'économie de ses exposés qui se résume en 4 points :

1. L'historique de la ligue paysanne en Belgique. Il s'agit de BOERENBOND, une organisation centenaire dont les similitudes sont très fortes avec la situation actuelle des producteurs agricoles congolais,

2. Le parcours de l'Ong RIKOLTO, il y a peu elle s'appelait VECO, vis-à-vis des changements que le monde connait,

3. Le partage de l'expérience de caféiculteurs congolais de l'est qui vend à l'international,

4. Présentation du projet PASPOR en collaboration avec la CONAPAC.

L'atelier est parti de deux questions essentielles de réflexion soumises aux participants : pourquoi un mouvement paysan fort est-il important en RDC et quelles sont les conditions à remplir pour permettre au mouvement paysan de réussir.

Premier exposé :sur l'historique de la ligue paysanne en Belgique appelée « BOERENBOND», en langue flamande, la plus ancienne née en 1875 pour faire face à la précarité de la vie des paysans belges, comme c'est le cas des producteurs agricoles congolais aujourd'hui. Ses objectifs que cette ligue étaient de défense les intérêts des membres en assurant la représentation dans les sphères politiques avec comme devise : « chacun pour tous et tous pour chacun ».

Assurer la formation technique aux membres, notamment destinées particulièrement aux femmes. La défense de la religion catholique face au socialisme qui naissait de l'industrialisation. Une stratégie cachée des industrialistes pour chasser les paysans de leurs terres pour aller travailler dans les usines en ville. D'où la lutte de la ligue a pouvoir rester dans leur milieu des activités agricoles. Se doter des entreprises qui appartiennent aux agriculteurs. Ce qui n'avait jamais existé. Il y a eu à cette époque des grandes entreprises qui ont favorisées la naissance pour la première fois des coopératives.

La première coopérative s'occupait de l'achat en commun des engrais et des aliments des batailles au bat prix. Cette entreprise paysanne qui est devenue économiquement forte, influençait à la baisse le coût de production agricole en augmentant le rendement car en étant plus efficace et professionnel. Le gérant de la coopérative était choisit parmi les membres, avec un salaire sur base du rendement de ses activités. Progressivement la coopérative disposait des grandes réalisations, notamment des laboratoires de certification qui étaient sollicités par l'Etat belge. M. IVAN a indiqué que, en RDC, c'est en 2018 que le premier laboratoire agricole sera implanté au pays grâce à la vente vers l'occident du café de haute qualité produit à bas prix contrairement au capitalisme.

Le succès des coopératives a poussé ces animateurs à créer une caisse d'épargne et de crédit agricole propre aux agriculteurs. Motif pour les producteurs a investir d'avantage dans cette caisse. En 1918 que les coopératives s'engage dans l'agro-industrie. Suivra la création d'une mutuelle d'assurance des agriculteurs belges qui travaillaient dans l'agro-industrie. L'idée de spécialisation nait, sur les fruits, l'élevage et les légumes. C'est pour éviter d'être au solde des capitalistes, en ayant le contrôle de leurs propres activités. Ce progrès pousse les membres à chercher des conseils en technique spécialisées par filière. D'où la naissance des associations des producteurs spécialisé qui développent leur propre logique tout en restant au sein de leur guide paysanne.

La création de la première guide des femmes agricultrices est intervenue 30 ans après celle des hommes. Une organisation à dimension nationale, la « ligue féminine des agricultrices belges ».

La ligue BOERENBOND, 120 ans après, regorgeait 70% des producteurs agricoles flamandes au début contre 1,6¨% actuellement. En comparant, on remarque que 70¨% des populations de la RDC sont membre de la CONAPAC. Donc, 8 personnes par famille.

BOERENBOND était devenue incontournable sur toutes les initiatives dans l'agriculture parce que, disposant en sont sein des ressources humaine compétente à défendre n'importe quel dossier. Il s'agit d'une approche jugée pragmatique qui était ouvert au dialogue et au compromis dans une certaine souplesse tout en maintenant l'unité des guides paysannes.

Le second partage de M. IVAN Godefroid avec les paysans de la Tshopo a porté sur le parcours de l'Ong VECO, devenue RIKOLTO, face aux mutations que le monde connait.

Selon lui, la structure actuelle des OPA ne pas adapter au besoin du développement économique. Même les PTF, partenaires technique et financiers ont pris conscience de besoin du moment qui est l'intégration économique qui doit passer par la structuration de la force économique. Il a illustré par le bref aperçu des changements enregistrés au sein de l'Ong VECO avec sa une stratégie de coopérative dite de la « nouvelle génération » au nom de la Coopérative KAWA KABUYA (CKK). Une entreprise paysanne dont la gestion est entièrement entre ses membres. Où ont fait remonter et descendre toutes les informations à chaque producteur membre de la coopérative.

CKK compte 2500 membres, dont 30% des femmes regroupée au tour de 200 groupes dénommés « micros stations », seulement en deux ans d'existence. Avec comme conditions de réussite, la qualité. Pour le facilitateur, le triple du prix ordinaire du café est assuré à travers la qualité qui est définie par le besoin des marchés. Il affirme qu'il y a certains acheteurs attirés par la qualité de café KAWA KABUYA, proposent même des qualités autres du café qu'ils commandent des grandes quantités. D'autres clients préfinancent la collecte du café CKK.

En suite, cette coopérative produit en volume suffisant. Ils dépassent même les projections. Ce succès est le fruit de l'engagement de ces caféiculteurs dans un processus à long terme au tour d'une vision commune pour s'autonomiser rapidement. Et là, les paysans tournent le dos à la dépendance extérieur.

Le chiffre d'affaire de l'année 2017 s'élève à 950 000$ américain. Avec 12 conteneurs exportés par an. Une autre information qui a retenu l'attention des producteurs agricoles de la Tshopo, c'est le succès de CKK vis-à-vis des entreprises financières qui acceptent d'octroyer des crédits à hauteur de 470 000 usd (quatre cent septante mille dollars américains) à cette coopérative. Et pourtant les banques conditionnent ses crédits agricoles par la présentation des états financiers de 3 dernières années. Ce qui est difficile pour une jeune organisation. En sommes, cette année 2018 grâce aux crédits des banques, la coopérative Kahawa Kabuya va exportée 16 conteneurs des cafés en occident. La ténacité, la crédibilité, la transparence et la loyauté assurent la prise de conscience paysanne qui procure de l'argent et lui rend économiquement viable.

Le dernier point d'échange était celui du programme dénommé PASPOR, programme d'appui à la structuration, au plaidoyer et à la professionnalisation des producteurs agricoles familiales organisés en RDC. Il est tenu par eux plate formes. Il y a la confédération nationale des producteurs agricoles congolais, CONAPAC, en sigle et Alliance AGRICONGO, qui est un regroupement de 18 ONG belge qui appuient directement les organisations des producteurs agricoles. PASPOR s'articule autour de 6 composantes : les filières, la structuration, le plaidoyer, genre, environnement et les nouvelles technologies de l'information et de la communication NTIC. Après avoir étalé cet important projet « PASPOR », M. IVAN a présenté le type de fonctionnement dudit projet par un comité de pilotage national. Avec des fédérations nationales et les représentants des filières porteuses et les OPA. Le projet prône un avancement progressif dans l'expérimentation des valeurs de base afin d'assurer la pérennisation. Réfléchir à la sortie de l'AGRICONGO au début du programme.

Ce programme PASPOR, en cas de réussite, il fera un bon en avant du mouvement agricole familial. Les producteurs agricoles membres des OPA avancera, la notion par ricochet et le monde entier qui en bénéficiaire.

Une bonne étude des filières doit être effectuée pour avoir une lumière sur ce qui doit être fait avant d'opérer un choix 'une entreprise paysanne. La nécessité des formations en coopérative et en filière. La modification des statuts des ASBL qui régissent l'UPDKIS en coopérative. La structuration de la rentabilité avant de penser à la créer une coopérative. Faire une planification de la production selon la demande du marché. L'inclusion de la province de la Tshopo (UPDKIS) dans le programme PASPOR.

Ernest MUKULI, AJAC TSHOPO

Vers une restructuration de l'UPDKIS

Union paysanne pour le développement de Kisangani, UPDKIS, en sigle a organisé son atelier de réflexion sur le recentrage et l'analyse de sa situation FFOM, Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces et ses collectifs autour des fonctions essentiels. L'atelier qui a duré trois jours du 29 au 31 janvier a été clôturé par une Assemblée Générale de l'UPDKIS pour la quatrième journée.

Sous la modération de Mr Ivan Godefroid de RIKOLTO ex.VECO, celui-ci a dégagé les difficultés des organisations dans leur système de durabilité et de l'auto-prise en charge. Ainsi, pour lui deux options pour l'union restent celle de se structurer en deux départements, notamment celui de l'économique et de la politique.

Selon https://www.radiookapi.net/2018/02/02/actualite/societe/la-crise-diplomatique-entre-la-belgique-et-la-rdc-aura-un-impact-sur, Monsieur Ivan prévoit que les agriculteurs de la RD Congo seront privés des aides financières qu'ils recevaient d'ENABEL, agence belge dans les mois quoi suivent.
Godefroy Van Paluku invite les producteurs congolais à se prendre en charge au lieu d'attendre l'aide internationale. Il l'a dit à l'issue d'un atelier de restructuration de l'ONG Union paysanne pour le développement de Kisangani (UPDKIS).« Le monde est en train de changer. La coopération internationale aussi. Il faut être clairvoyant. Nous voyons que l'accès à l'aide externe ne va que diminuer. Que ce soit avec des conflits politiques ou non. La crise est un détail. La réalité ce que l'avenir de la paysannerie en RDC va dépendre de sa capacité de s'organiser et de la volonté des individus à investir dans leur avenir », affirme Godefroy Van Paluku.

Jean Baptiste M.

Nos articles recents

La pomme de terre en territoire de Masisi est devenue une préoccupation aux entrepreneurs agricoles de ce territoire. Cette professionnalisation de la culture de la pomme de terre,   passe d'abord par les coopératives qui sont accompagnées par la FOPAC NK à travers l'appui conseil d'Agriterra. Déjà, 7 coopératives de producteurs agricoles se professionnalisent dans la production de pomme de terre de table, pomme de terre de semences mais aussi la mise en marché collectif à partir de l'installation de centres de collectes dans différents villages et centres de consommation. Ces 7 coopératives sont : COAMA : Coopérative des Agriculture de Masisi à Kilolirwe COPADECO : Coopérative des Producteurs Agricoles pour le Développement Communautaire à Kabati-Bukombo COAPAKA : Coopérative des Agricole Paysanne de Karuba COAPARU : Coopérative Agricole Paysanne de Rubaya COFEPAD : Coopérative de Facilitation de l'écoulement de Produits Agricoles pour le Développement à Bihamwe COABU : Coopérative Agricole de Buzihe COAKA : Coopérative Agricole de Kahenerezo


Nord-Kivu : La rareté des semences « améliorées » freine l'essor de l'agriculture

De la pomme de terre au maïs en passant par le riz, le haricot et le soja...les semences de bonne qualité sont de plus en plus inaccessibles dans la région. D'une part, ce sont les centres de recherche et de production des semences améliorées qui sont éloignés et d'autre part, c'est l'absence d'infrastructures de conservation de semences et la structuration des producteurs semenciers fait défaut. Du coup, les semences dites améliorées, importées des pays voisins sont tellement onéreuses que les petits agriculteurs n'y parviennent. C'est ainsi que les petits agriculteurs tiennent à leurs propres semences, non certifiées.

« On se contente de nos propres semences au niveau locale et c'est ainsi qu'on ne produit pas assez » indique Vitaha, un paysan agriculteur de Kiseguro. Il cultive essentiellement le haricot et du maïs, il explique en même temps qu'il ne produit pas suffisamment parce qu'il n'a jamais accédé à la bonne semence « il n'y a pas des multiplicateurs semenciers dans notre village ici »

Selon toujours Vitaha qui, dit-il, désirait devenir un agri-preneur, le manque des semences de qualité ne favorise pas du tout l'éclosion ou l'envol de l'agriculture.

La région du Nord-Kivu est pratiquement éloignée de deux principales sources de production des semences de base dans le pays. Il s'agit notamment de l'INERA (institut national d'études et de recherche agricole) et de l'UNILU (université de Lubumbashi). En effet, les pauvres paysans dans cette zone n'accèdent pas facilement à la bonne semence. Sans accompagnement technique en multiplication et conservation des semences, ces petits agriculteurs usent de leur propre connaissance pour faire le choix des semences.

« Le tri des semences se fait à la main levée, les paysans n'ont aucun autre choix...seuls les plus nantis commandent des meilleurs semences à partir des pays voisins » s'en inquiète l'agronome Nzanzu, fustigeant également les perturbations climatiques qui, selon la LOFEPACO (ligue des organisations des femmes paysannes du Congo) empiètent sur le potentiel productif des semences pourtant de bonne qualité.

Dans sa récente note d'expérience en production de la semence de riz par exemple, la ligue des organisations des femmes paysannes du Congo (LOFEPACO en sigle) évoque notamment l'inaccessibilité aux semences de qualité en termes d'absence des centres de production de semences de qualité améliorée dans sa zone d'intervention : « il faut mener des recherches pour la production des semences adaptées aux différentes zones de production, appuyer la vulgarisation des semences et transférer les acquis de la recherche à la base...» suggère cette organisation féminine paysanne.

L'accès aux semences de qualité devient un défis majeur aussi aux agriculteurs de la pomme de terre de Masisi « Nous avons un sérieux problème dans ce pays, la pomme de terre que nous cultivons part des années 1980, aucun programme de renouvellement de ces variétés dégénérées. Pour accéder à de semences plus ou moins bonnes nous nous dirigeons vers le Rwanda et l'Ouganda auprès de coopératives multiplicatrices et agriculteurs privés. Nous subissons de tracasserie et plus de risque de la perte de nos semences à nos barrières avec ces pays voisins. Et pourtant la loi agricole avait déjà règlementé ce problème à travers l'arrêté inter ministérielle sur l'importation et l'exportation des intrants agricoles, déplore Monsieur Augustin Barasaritse de la COOPADECO».

L'INERA et les Centres d'Adaptation pour la Production des Semences Améliorées, CAPSA, ont parmi leurs rôles de rendre disponible des semences de qualités aux producteurs agricoles. Le faible appui et accompagnement par ces institutions étatiques a suscité la Fédération des Organisations de Producteurs Agricoles du Nord Kivu, à travers son programme « Appui-conseil par Agriterra », d'accompagner les producteurs agricoles de Masisi dans leur structuration en sociétés coopératives afin qu'ils développent personnellement le système de la valorisation de semences multipliées localement. Cela passe alors par une série d'apprentissage, de voyages d'échanges inter OP, de l'amélioration de stockage et de conditionnement de semences de la pomme de terre.

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